Eye Mental Shape 4 - 9 on japanese paper, serie 1, 40,5 x 53 cm, 2013




The Drawer
Volume 5 - Les choses - Automne 2013

Pascale-Sophie Kaparis
Artiste, née en 1959, vit et travaille à Paris

Les choses que vous dessinez ont-elles quelque chose en commun ? Je fais des photographies. Mes photographies sont mes notes. Parmi toutes ces images, il y a celles qui sont des images sources avec lesquelles je travaille. Mes dessins ont en commun leur point de départ, une ou plusieurs images sources.
Le réel est-il un bon sujet de dessin ? Mon travail récent sur l'oeil me conduit à dessiner la série Mental Shape. Je dessine des formes que j'associe au cerveau, Mental Shape 1 à 10. J'imagine des installations avec plusieurs écrans disposés derrière des personnes allongées, sur ces écrans, des formes abstraites oscillent, se déforment. Le réel n'est pas objectif. Il est en mouvement constant, instable, difficile à fixer et à objectiver.
Le plus simple à dessiner : les objets, les idées ? Par son phénomène oscillatoire, j'associe Mental Shape aux structures antisismiques des grattes-ciels, Earthquake 1 à 15. J'imagine des images qui sont des événements, des bouts d'histoires dans le maillage complexe de ces constructions mentales. Ces formes floues abstraites bougent avec tout leur contenu d'images. J'ouvre avec les images plusieurs espaces temps.
Que deviennent les choses une fois sur le papier ? Des états successifs, d'une forme à la forme suivante à la forme suivante. Des variations.
Qu'objectivent vos dessins ? Un état du corps. Un état du cerveau. Un état de l'oeil.
Qu'accumulent-ils ? Des effacements de la pensée.
La chose dessinée jusqu'à son épuisement ? J'utilise des photos ou images sources souvent extrêmes. Ces images sont des états limites, on pourrait dire qu'elles sont sans retour, épuisées. Eye 1 à 10, sont des photographies qui montrent des yeux blessés, ces yeux me conduisent à un espace flottant entre l'oeil et le cerveau, où se trouve une fabrique d'images inépuisables, inaltérables.